Santé Publique > Centre national sénégalais des entérobactéries

  Centre national sénégalais des entérobactéries  
  Le centre national de référence de la poliomyélite  
  Le centre collaborateur OMS de référence et de recherche pour les arbovirus et les virus de fièvres hémorragiques (CRORA)  
  Le Laboratoire national de référence OMS pour la grippe  

Présentation
Résumé du Rapport CNSE 2002
SALMONELLA : résultats
SHIGELLA : résultats

L'année 2002 a été caractérisée par une collaboration accrue avec les laboratoires de bactériologie de la région de Dakar se traduisant par une augmentation sensible du nombre de souches adressées au CNSE (Salmonella : 483 ; Shigella : 90).

En pathologie humaine, S. enteritidis est largement prédominant (22,5%). Avec une incidence de 12.5%, S. typhi vient en seconde position devant S. typhimurium (11.3%). La répartition des autres sérotypes subit des variations sans signification statistique. En milieu hospitalier, ces 3 sérotypes représentent plus de 80% des souches isolées. En pratique de ville, S. enteritidis et S. typhimurium restent prédominants mais avec des taux d'incidence plus faible qu'en milieu hospitalier et S. typhi n'y est que rarement isolé.

Les taux de résistance aux antibiotiques continuent à décroître pour l'ensemble des molécules en particulier pour la tétracycline (27% en 2000, 11.8% en 2002). Le taux de souches de phénotype sensible (sensibilité à tous les antibiotiques testés) atteint 72%. Les souches hospitalières restent cependant plus résistantes que les souches de patients externes (phénotype sensible 59% vs 78%), surtout pour les bétalactamines et le cotrimoxazole. Cette différence est liée essentiellement aux différences d'incidence de S. enteritidis et S. typhimurium qui sont les sérotypes les plus résistants et regroupent 64% des souches présentant une résistance à au moins un antibiotique. A l'opposé, S. typhi est constamment sensible aux antibiotiques.

Dans les prélèvements d'origine animale (programme d'étude ISRA-IPD, viande de poulet), 3 sérotypes prédominent (S. hadar, S. brancaster, S. albany). Le faible taux de souches de phénotype sensible (35%) est lié à des taux élevés de résistance à la tétracycline et au cotrimoxazole, mécanismes essentiellement présents dans les sérotypes prédominants. Dans les prélèvements d'origine alimentaire, la diversité des sérotypes circulant est majeure (55 sérotypes pour 98 souches) et 84% des souches présentent un phénotype sensible.

Pour les Shigella, S. dysenteriae disparaît complètement (1 souche). S. flexneri et S. sonnei représentent 94% des souches. S. sonnei reste sensible aux bétalactamines mais la co-résistance à la tétracycline et au cotrimoxazole atteint 100% des souches. Pour S. flexneri, la résistance aux bétalactamines atteint 75% des souches et l'émergence des souches co-résistantes aux bétalactamines, cotrimoxazole, tétracycline et chloramphénicol concerne plus de 40% des souches de cette espèce.

En conclusion, en dehors de la persistance de S. typhi, l'épidémiologie des Salmonella et Shigella se calque sur celle des pays développés. En terme de pratique médicale, les schémas thérapeutiques doivent s'adapter à la présentation clinique et aux données épidémiologiques de la résistance aux antibiotiques. La poursuite des collaborations avec les différents laboratoire de bactériologie doit se poursuivre.

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