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Le 29 février 1896, EMILE MARCHOUX, pasteurien de la première
heure, arrivait à saint Louis du Sénégal pour y créer un laboratoire
de microbiologie dans l'enceinte de l'hôpital. C'est là que
débutèrent les premiers travaux de recherche sur l'épidémiologie
du paludisme, puis sur la maladie du sommeil et dès 1909 un
premier vaccin y était préparé contre la variole. En 1913, le
transfert à Dakar, nouvelle capitale de la fédération de l'Ouest
Africain, était décidé et le nouveau laboratoire fut implanté
sur le plateau des Madeleines au cap Manuel près de l'hôpital
central. Dès la première année, ce laboratoire de bactériologie
et de zootechnie préparait un vaccin contre la rage, puis, l'année
suivante, un vaccin contre la peste. En 1924, une convention
était signée avec l'Institut Pasteur à Paris. La direction du
nouvel Institut Pasteur de Dakar était confiée au docteur CONSTANT
MATHIS, ancien élève du cours pasteur de 1905. CONSTANT MATHIS
retrouvait le Sénégal avec émotion. En effet, c'est à saint
Louis du Sénégal que son père MICHEL MATHIS, médecin de la marine,
était décédé lors de l'épidémie de fièvre jaune qui frappa le
pays en 1878 et qui décima le corps médical (22 décès sur 26
praticiens). C. MATHIS donna une impulsion nouvelle à l'Institut.
Avec A. W. SELLARD et J. LAIGRET, la première souche de virus
de la fièvre jaune fut isolée sur singe macaque. A partir de
cette souche, SELLARD et LAIGRET préparèrent le premier vaccin
contre la fièvre jaune qui fut inoculé pour la première fois
en 1934 à 3000 volontaires européens résidant en Afrique de
l'ouest.
C'est
à MATHIS que l'on doit l'embellissement et l'agrandissement de
l'Institut. Un pavillon consacré à l'étude des
virus dangereux a été mis en service en 1934. Cette
même année, était mise en chantier la construction
d'un bâtiment d'une architecture caractéristique de son
époque comportant deux ailes réunies par une rotonde
haute de 22 mètres et surmontée d'un lanternon.
Inauguré le 29 mars 1937, ce bâtiment abritait sur 740m2
les laboratoires de biologie médicale et d'anatomopathologie
ainsi que les services du BCG, de la rage et de la fièvre jaune.
Le
très fort accroissement des activités de L'Institut
allait nécessiter en 1951 la construction d'un bâtiment
spécifique pour la production du BCG. En 1960, le
Ministère français de la coopération accordait des
crédits pour l'édification de deux bâtiments
totalisant 2328 m2. L'inauguration par son excellence LEOPOLD SEDAR
SENGHOR, Président de la République du
Sénégal, eût lieu le 27 février 1962. Ces
bâtiments abritent les laboratoires de recherches
biomédicales, le centre de vaccination, la bibliothèque,
des bureaux et des magasins.
Le
statut juridique de l'Institut Pasteur de Dakar est défini par
la convention signée le 20 mai 1963 entre la France et le
gouvernement du Sénégal qui permet à l'Institut de
poursuivre sa " mission d'assistance technique en matière de
recherches biologiques, médicales et d'applications pratiques ".
Cette convention a été complétée le 27
juillet 1974 par la création d'un conseil de perfectionnement
présidé par le Ministère de la santé
Publique dont le rôle est " d'examiner et approuver les
programmes de formation, de recherche et de production proposés
par le Directeur ".
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